Loge maçonnique René Guénon

No. 76, Grande Loge Suisse Alpina

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Reglmt Cpte GLF

par MICHEL WARNERY,

Préface de ROGER DACHEZ, Collection Éditions de Midi

La franc-maçonnerie a toujours intrigué. Elle a été souvent décriée. Cette institution née à Londres en 1717 n’est ni une Église ni une secte, mais une assemblée philanthropique dont le but est de «faire d’hommes bien des hommes meilleurs».

Elle puise ses origines diverses dans les guildes compagnonniques médiévales comme au sein des ordres chevaleresques. Elle s’inspire aussi des sociétés initiatiques de l’Égypte et de la Grèce antiques. Elle accompagna l’éclosion du « Siècle des Lumières » et, parmi ses membres, figurèrent des hommes aussi célèbres que divers comme Montesquieu ou Mozart, le roi George VI ou Louis Armstrong, Winston Churchill ou Franklin Roosevelt, mais aussi bien des inconnus qui ont retrouvé là la chaleur de la fraternité des hommes prêchée dans les Évangiles.

 

Ce roman est un « polar » dont l’action se déroule au sein d’une obédience maçonnique. Il n’a pas vocation de faire un quelconque procès à quiconque ; c’est le pamphlet ironique d’une situation possible pouvant survenir à tout moment dans une communauté humaine, avec ses faiblesses et ses forces.

Hélas, il en est de la franc-maçonnerie comme de toute communauté d’hommes ; les idéaux servent parfois à dissimuler des dévoiements condamnables. Imaginons alors ici qu’un groupe organisé s’introduise dans une obédience maçonnique et en prenne le pouvoir, que deux meurtres rituels, soient commis à quelque temps de distance. Imaginons qu’un groupe d’hommes lucides entreprenne courageusement de relever le gant et règle les comptes au nom du respect de l’éthique et de l’ordre dévoyé.

Matthieu Renard, journaliste d’enquête ; Bruno Margerie, avocat fiscaliste ; Loïc Le Dantec, vétéran de la D.G.S.E. et le commissaire divisionnaire George Noyer vont créer un groupe homogène qui mènera une longue enquête les conduisant jusque dans les bas-fonds de Marseille où sévissent des sbires au service de la mafia qui exécutent des « contrats » sur ordre. Leurs pas les conduiront aussi en Afrique où la franc-maçonnerie est souvent instrumentalisée au profit du pouvoir politique, et ses réseaux utilisés à des fins de blanchiment d’argent sale. Ils seront confrontés à certains hauts fonctionnaires vénaux fermant les yeux sur ces agissements délictueux sous couvert du secret d’État.

L’enquête verra les coupables démasqués et condamnés, et révélera que bien des cercles d’initiés recèlent aussi de dangereux psychopathes mythomanes prêts aux pires imprudences.

PREFACE

Les polars maçonniques sont à l’honneur ! Sherlock Holmes – dont le père, Conan Doyle, était franc-maçon – a fait des émules dans les loges : l’heure est venue de passer de la quête à l’enquête…A force de parler de leurs mystères – sans les dévoiler trop – et de leurs secrets – juste pour faire savoir qu’il en y a –, les maçons, depuis longtemps, depuis toujours peut-être, ont suscité les fantasmes et inspiré des légendes parfois douteuses. L’antimaçonnisme – qui n’est ni drôle ni imaginaire ! – y trouve sa source essentielle. Certes, l’intolérance et le fanatisme en sont les moteurs, mais c’est dans l’atmosphère en clair-obscur qui entoure les loges qu’il convient d’en rechercher l’inspiration première.


Or, cet antimaçonnisme a connu, en France, sa terre d’élection, plusieurs époques et mis en avant plusieurs thèmes successifs : d’abord le thème religieux – la maçonnerie serait avant tout l’ennemie de l’Eglise –, puis le thème politique – elle viserait à subvertir les pouvoirs légitimes (les lubies complotistes qui fleurissent sur Internet en sont la forme moderne) – et enfin le thème affairiste : les maçons trameraient dans l’ombre des entreprises douteuses, et leurs coupables manœuvres les conduiraient volontiers jusqu’au crime ! Peu importe que ce grand Guignol n’ait presque pas de substance : il lui suffit d’exister pour entrainer la machine à produire les rumeurs, le dénigrement et les plus noirs délires. Et pourtant…


Pourtant, il arrive que la réalité se rapproche malheureusement de la fiction. Il ne suffit pas de dénoncer les mensonges, il faut aussi admettre les dévoiements – individuels, certes, mais bien réels – de quelques-uns : la une des hebdomadaires en a été la triste vitrine, notamment dans le courant des années 1990. Il y a donc aussi de « faux frères » qui ont détourné la maçonnerie de son objet pour servir leurs intérêts, au mépris de celui des autres, et surtout au mépris de la loi. On peut et l’on doit s’en affliger – les institutions maçonniques ont parfois mis du temps à le reconnaître, par un souci maladroit de ne pas alimenter les calomnies – mais on peut aussi choisir, sinon d’en rire, du moins de s’y arrêter, en employant le détour de la fiction et la prétexte de l’intrigue policière... Michel Warnery, fin connaisseur de l’univers maçonnique européen – sous toutes ses facettes –, nous entraine dans un récit prenant, où les escrocs et les faux témoins côtoient les purs et les aveugles. Une sorte de monde en réduction, avec ses beautés et ses faiblesses, mais dans un cadre – celui de la franc-maçonnerie – qui place au sommet de ses préoccupations affichées l’observance solennellement jurée d’un certain code moral, le respect de soi-même et des autres ! C’est un peu comme si l’utopie déraillait, comme si la cité idéale devenait celle du crime. Soudain, les profanateurs tiennent le haut du pavé au sein du temple : c’est le monde à l’envers ! Il faut à la fois se laisser porter par l’affaire que nous rapporte Michel Warnery, nous laisser entrainer par ses péripéties et ses rebondissements, sourire à l’occasion et frémir à d’autres moments. Mais il ne faut pas en rester là : il se pourrait bien que, tout en faisant la part belle à la liberté du romancier, tout ne soit pas ici purement imaginaire. Il se pourrait qu’au travers des identités modifiées et des circonstances reconstruites, certains se remémorent des faits réels que nous aurions préféré avoir totalement inventés…


Michel Warnery ne vise pas au scandale et règle encore moins des comptes : il nous donne à réfléchir, d’un ton plaisant – quoique parfois glaçant –, sur les dangers auxquels s’exposent tous ceux et toutes celles qui croient en des principes, des valeurs, et pour qui l’éthique et la vertu ne sont pas que de vains mots. On pourra, sans doute, s’en tenir à l’intrigue habilement ficelée, se contenter du seul plaisir de sa lecture. On aura aussi le loisir de rechercher, à travers la trame d’un récit à clés, un avertissement plus grave, un propos plus profond encore : à chacun d’avancer aussi loin qu’il le voudra…


La leçon, du reste, vaut pour la maçonnerie comme pour toute entreprise humaine visant à quelque élévation et qui repose néanmoins sur l’action des hommes : à cet égard, toute une littérature récente, rapportant les sombres intrigues qui ont tissé l’histoire de la Cour de Rome, ne nous en fournit-il pas un autre et non moins illustre exemple ?

Roger Dachez,
Président de l’Institut maçonnique de France

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