Loge maçonnique René Guénon

No. 76, Grande Loge Suisse Alpina

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LES ORIGINES DE LA FRANC-MAҪONNERIE

Textes Fondamentaux

Source : (Encyclopédie de la Franc-Maçonnerie / Eric Saunier)

Les documents et textes "fondateurs" que l'on connaît sont classés sous le vocable anglais de : "Old Charges" (Vieux Devoirs). Antérieurement existaient deux textes nommés : "Premiers Devoirs" le Régius (1390) et le Cooke (1420).

L’histoire de la maçonnerie de métier est largement légendaire : chaque corps du bâtiment avait ses légendes qui étaient transmises oralement jusqu’aux XIIIe – XIVe siècles, jusqu’à ce que les clercs, en Angleterre, entreprennent de les rédiger. Ces textes qui constituent une partie des Old Charges font référence aux origines de la maçonnerie. Le Regius fait naître la maçonnerie en Egypte, après qu’Euclide y eut inventé la géométrie ; son introduction en Angleterre serait due au roi Athlelstan dans le deuxième tiers du Xe siècle. Le manuscrit Cooke reprend la version en y incorporant une foule de nouveaux détails divers sur l’invention de la géométrie (par Jabel, fils de Lamech), sur les deux colonnes retrouvées après le Déluge par Pythagore et Hermès le philosophe (Trismégiste), sur la tour de Babel et sur les coutumes données aux maçons français par Charles II, ou les « Devoirs » donnés aux Anglais par Saint-Alban. Ces récits se retrouvent dans les loges des XVIe – XVIIe siècles, puis, expurgés des inventions et des anachronismes les plus grossiers, dans les Constitutions. Néanmoins le thème de l’érection du Temple de Salomon s’impose comme moment originel. Selon les premiers catéchismes anglais (1720–1730), la première loge se serait en effet tenue dans le porche dudit édifice. Parallèlement, jusqu’au XIXe siècle, la maçonnerie se dote d’origines prestigieuses, d’histoires plus ou moins légendaires.

 

Charles Bernardin (1909) a eu le mérite d’opérer une recension portant sur le sujet : sur 206 auteurs consultés, 28 font remonter les origines de la franc-maçonnerie aux constructeurs de cathédrales, 18 en Egypte, 12 aux templiers, 11 aux rois anglo-saxons, 10 aux premiers Chrétiens, et 20 prétendent qu’elle existe de toute éternité ! 15 autres mentionnent une loge sise à l’orient de l’Eden. Possibles moyens d’enseignements ou supports initiatiques, ces textes remplissent une fonction mythique chargée de justifier l’ »idéologie » et les pratiques du groupe. Si ces légendes font partie intégrante de l’imaginaire et du symbolisme maçonnique, elles ne répondent pas à la volonté d’analyser de manière socio-historique le fait maçonnique pour lequel la question fondamentale reste celle du passage de la maçonnerie opérative médiévale à la maçonnerie spéculative « moderne ».

Le schéma généralement admis jusqu’à il y a peu était la théorie de la transition par l’acceptation. Elle correspond à l’objectif du récit d’Anderson prolongé par les historiens romantiques. Avec la naissance de la maçonnologie, le phénomène est précisé et complété. Il reçoit une caution « scientifique » avec R.F. Gould (History of Freemasonry, 1882.1887), D. Knoop et G.P. Jones, (The Genesis of Freemasonry, 1947) et H. Carr (Ars Quator Coronatorum 81, 1968). Pour résumer, selon ces auteurs, la franc-maçonnerie émerge, par étapes, dans les îles Britanniques. À mi-Moyen Âge se structurent les métiers du bâtiment en guildes.

À partir du XIVe siècle, des loges opératives se constituent à l’intérieur ou en marge de ces associations collectives. Au XVIe siècle sont admis dans ces loges opératives d’Angleterre ou d’Ecosse des membres non opératifs (gentlemen masons) à côté des opératifs (operatif masons). Progressivement les loges se modifiant sociologiquement, elles perdent tout caractère d’organisation de métier. Si le processus est attesté en Ecosse à partir de la fin du XVIe siècle, la documentation, tardive et fragmentaire, ne permet pas de le confirmer pour l’Angleterre. À la fin du XVIIe siècle, des loges totalement non opératives, utilisant quelques récits, usages, signes et mots secrets, apparaissent cependant sous forme d’association principalement caritativo-conviviale, sociale ou spirituelle, et, quelques décennies plus tard, des influences philosophiques ou intellectuelles diverses (extérieures) modifient l’esprit de ces loges d’où naîtra la maçonnerie spéculative. À partir des années 1970, cette théorie est progressivement remise en cause.

En 1978, E. Ward est le premier a proposé une contre-théorie. Ward considère que la franc-maçonnerie spéculative est une institution purement anglaise et qu’elle a tout de suite cherché à s’établir une ancienneté de « temps immémorial ». Sa critique porte sur deux points. On ne possède aucune preuve qu’un processus d’admission de gentlemen masons dans les loges, tel qu’on l’observe en Ecosse, ait eu lieu en Angleterre. Or, une maçonnerie non opérative est attestée en Angleterre depuis la décennie 1640. Ward en déduit donc que les loges anglaises « étaient, dès leur origine, indépendantes du métier de maçon ». Il émet l’hypothèse que la maçonnerie spéculative aurait délibérément emprunté des récits et des usages à la maçonnerie opérative, bien qu’il n’existe aucune filiation entre les deux associations homonymes.

Ward précise encore que la maçonnerie andersonnienne est essentiellement conviviale, et qu’il faut attendre la fin du XVIIIe siècle avec l’introduction du « symbolisme » par Hutchinson et Preston pour parler de maçonnerie spéculative stricto sensu. L’année suivante, F.W. Sean-Coon reprend l’idée d’une transition en lui attribuant une coloration politique. Dans les années 1640 la maçonnerie spéculative aurait été imaginée comme couverture à des réunions stuaristes. Les premiers maçons « acceptés comme Ashmole ou R. Holme sont, en effet, royalistes. Sous la République, ces loges se seraient faites plus discrètes et auraient éliminé peu à peu leurs engagements politiques et religieux. La monarchie restaurée, puis la paix revenue, elles étaient prêtes à renaître comme lieu de sociabilité élitaire et de concorde civile.

En 1982, C. Dyer, après une relecture des Anciens Devoirs, émet une autre théorie de substitution en privilégiant le facteur religieux. Entre 1558 et 1583, alors que se stabilisait l’anglicanisme avec Elisabeth 1ère, des dissidents (catholiques et/ou protestants radicaux) auraient « inventé » la maçonnerie pour continuer discrètement leurs pratiques cultuelles.

L’auteur envisage également de rattacher la « création » de la maçonnerie à divers groupes mystiques marginaux, notamment au courant hermético-kabbalistique de la Renaissance qui connaît en Angleterre une éclosion tardive. Un siècle plus tard aurait eu lieu une « deuxième transition » (R. Dachez) par l’introduction de nouvelles dispositions réglementaires qui donnent à l’institution un visage déjà très proche de la maçonnerie andersonienne.

En 1983, A. Durr tente d’ouvrir une troisième voie entre les transitions par l’acceptation ou l’emprunt sans filiation. Au XVIIe siècle, la franc-maçonnerie anglaise n’est plus opérative, c’est-à-dire qu’elle ne joue plus aucun rôle dans l’organisation et le contrôle du métier, même si elle demeure très majoritairement constituée de maçons opératifs. Elle n’est pas plus spéculative puisque les non-opératifs y demeurent très marginaux. Elle a simplement changé de nature et est devenue une société d’entraide mutuelle (friendly society). Dans quelques-unes de ces associations conviviales et caritatives, notamment à Londres, on pouvait trouver quelques nobles ou des intellectuels qui, au début du XVIIIe siècle, changèrent l’esprit de ces « loges ».

Avec D. Stevenson vient la critique de l’école historique « authentique » anglaise jugée trop « anglocentrique » et « maçonocentrique ». En même temps, Stevenson note qu’une bonne partie des usages, pratiques, mots ou récits du corpus maçonnique sont apparus pour la première fois en Ecosse. Une exploitation particulièrement fouillée des documents anciens et nouveaux lui permet de présenter la formation de la franc-maçonnerie spéculative en trois phases successives.

Au Moyen Âge, la forme typique d’organisation des maçons est la guilde de métier des cités qui assure la formation professionnelle par l’apprentissage, l’aide sociale ou le soutien aux veuves et aux orphelins. Celle-ci est complétée par la loge, organisation imbriquée mais prenant en compte la mobilité des maçons. Dans celle-ci, les maçons récitent les Anciens Devoirs (dont les récits sont assez voisins de ceux d’autres métiers) lors deb presque toutes les réunions.

En Ecosse, William Schaw « crée » un système de loges entièrement nouveau et une organisation qui se veut globale du métier. La franc-maçonnerie « moderne » est née. L’institution est influencée par divers courants intellectuels de la Renaissance, mais repose principalement sur des fondements religieux. Ses usages et son cadre juridico-administratif ont été élaborés sans référence aux associations médiévales. Des gentlemen masons y apparaissent, mais ils n’eurent ni les moyens, ni l’ambition de modifier la nature de la maçonnerie écossaise. Stevenson note cependant qu’elle est déjà en partie spéculative comme le montre la présence de sir Robert Moray. « Par son intérêt pour l’hermétisme, le mouvement rosicrucien, l’alchimie et les symboles, il caractérise les sortes d’influences de la fin de la Renaissance qui avaient donné naissance à la franc-maçonnerie à l’époque de William Schaw. Il reflète par ses intérêts scientifiques, ses tendances déistes, son culte de l’amitié et de la sociabilité, les influences qui regardent en amont vers le siècle des Lumières plutôt qu’en arrière vers l’époque de la Renaissance ». Vers 1710, l’Ecosse compte une trentaine de loges. Deux aspects sont également à noter ; il n’existe pas de Grande Loge et la grande majorité des maçons sont des tailleurs de pierre.

La dernière phase (fin XVIIe-XVIIIe siècle) est anglaise. À Londres, la franc-maçonnerie y pratique déjà une sorte d’initiation « institutionnalisée ». Les maçons acceptés y forment une cellule à l’intérieur de la compagnie, mais les « loges » sont des lieux de rassemblement improvisé et n’ont pas, comme en Ecosse, un caractère permanent. De plus, comme les loges de métier semblent pratiquer des rituels trop opératifs, les gentlemen masons ont tendance à se réunir entre eux dans des réunions qu’ils nomment également « loge ». L’institution anglaise est donc fort différente de sa consœur mais au début du XVIIIe siècle, même s’ils ne l’admettent guère, les Anglais adoptent de nombreux usages écossais qu’ils adaptent immédiatement à leurs besoins : « les innovations anglaises de la Grande Loge, de la reconnaissance d’un troisième degré et d’un rituel complexe, représentaient le glaçage d’un gâteau cuit en Ecosse ».

Le débat gagne aussi la France. En 1993, les auteurs du Dictionnaire thématique illustré essaient de trouver des faits historiques incontestables, notamment les caractères particuliers de la maçonnerie écossaise du XVIIe siècle et la présence en Angleterre, à la même époque, d’une maçonnerie non opérative. Les trois auteurs cherchent finalement à résoudre la question de l’évolution de la maçonnerie écossaise du XVIIe siècle où les maçons non opératifs ont sans doute, en apportant leur propre conviction, grandement contribué à développer le caractère potentiellement spéculatif de l’institution, des influences réciproques entre maçonnerie anglaise et écossaise à l’aide de divers documents comme les manuscrits Graham et Dumfries et du rôle occupé par les maçons de Londres sur la naissance de la maçonnerie opérative. Selon eux, « les Old Charges constituent en un certain sens un lien de continuité entre la maçonnerie opérative médiévale et la maçonnerie spéculative du XVIIe, mais pas nécessairement a priori un lien de continuité physique ». De ce long débat, on peut provisoirement conclure que la maçonnerie opérative écossaise, tout en conservant très largement sa composition sociale, a, sous l’influence des gentlemen masons, développé ses potentialités spéculatives.

En revanche, en Angleterre, les associations de métier étaient devenues au XVIIe siècle des coquilles vides, mais elles fournissent, à Londres, le cadre d’une nouvelle forme de sociabilité. Très schématiquement, on pourrait donc parler de transition écossaise et d’emprunt anglais. Néanmoins, les échanges entre les deux maçonneries ont sans doute été plus importants qu’on ne le soupçonnait. La question des origines de la maçonnerie spéculative est loin d’être épuisée car demeure une interrogation essentielle : pourquoi la maçonnerie et pas un autre corps de métier ? Il semble que le corpus maçonnique, avec d’une part son souci de se doter d’origines prestigieuses et d’assimiler la maçonnerie à la géométrie, et d’autre part le nouveau statut de l’architecte issu de la Renaissance, ait favorisé le choix de la maçonnerie, au détriment d’autres professions.

OLD CHARGES (Vieux Devoirs)

Nom donné aux manuscrits du Moyen Age et de l'Ère de transition par lesquels la Franc-Maçonnerie antérieure à 1717 nous est connue. Anderson nous indique dans la deuxième édition de ses Constitutions (1738) qu'un certain nombre de vieilles constitutions "gothiques" furent brûlées en 1720 par certains Frères scrupuleux, qui craignaient qu'elles ne tombassent en mains profanes. Ce crime de vandalisme nous a longtemps privé de tout moyen de connaissance de la Franc-Maçonnerie opérative. Fort heureusement, les inlassables efforts de la loge Quator Coronati n° 2076, poursuivis depuis 1884, et particulièrement ceux de l'éminent historien W.J. Hughan, ont peu à peu permis de la reconstituer partiellement.

Les Old Charges se présentent comme des règlements, divisés en articles, et précédés d'une partie historique, en fait légendaire. Anderson conservera d'ailleurs ce plan. Albert Mackey a répertorié 81 manuscrits, tout en précisant que sa liste était incomplète. Une vingtaine de ces « anciens devoirs » sont postérieurs à la fondation de la Grande Loge d’Angleterre, mais sont souvent des reproductions des anciens manuscrits (Revised Encyclopedia of Freemasonry). Il a également indiqué les heureux propriétaires de ces « anciens devoirs » : il s’agit essentiellement du British Museum et de la Grande Loge Unie d’Angleterre, dans une moindre mesure de la loge Quator Coronati n° 276 de Londres, ainsi que de quelques loges individuelles. Knoop et Jones (The Genesis Freeemasonry) les ont classés en deux catégories : d’une part les deux plus anciens, le Regius Manuscript et le Cooke Manuscript, respectivement du XIVe et XVe siècle et, d’autre part tous les autres, des XVIe et XVIIe siècles. On y trouve des développements sur la "Géométrie", laquelle est synonyme d'Architecture, mêlés à des récits hagiographiques, dont le plus typique demeure celui des Quator Coronati, c’est-à-dire des quatre bienheureux patrons de la Franc-Maçonnerie, martyrisés sous Dioclétien.

Les naïfs auteurs médiévaux y célèbrent aussi Euclide, auquel ils font un mérite inattendu : celui d'avoir introduit la "science de Géométrie" en Egypte, d’où elle fut apportée en Angleterre sous le règne du pieu roi Athelstane. Le Temple de Salomon est, bien entendu, décrit et admiré, le tout mêlé de considérations sur les sept arts libéraux, sur les deux colonnes, la Tour de Babel, Abraham, le tout avec la même candeur. Ces manuscrits apparaissent à un moment charnière de l’histoire, au XIVe siècle, car les Grands Maîtres de chantier étaient alors encore des personnalités très puissantes directement placées sous l’autorité du roi. On songe à Walter de Herenford, pour l’édification de Vale Royal Abbey en 1278.1280 ou encore à Henry of Ellerton pour celle du château de Carnavon en 1316. À partir de cette époque cependant, l’usage de la pierre se généralisa pour des travaux moins prestigieux que la construction des cathédrales et des châteaux. Le nombre d’employeurs augmenta considérablement, ce qui revint à diminuer un peu le pouvoir du maître. L nécessité de rédiger les anciens devoirs émerge : ils créaient des obligations morales envers un corps et non plus une autorité unique, le roi et son représentant, le maître de chantier. Les règles ne devaient pas être simplement coercitives mais convaincantes afin que les maçons eux-mêmes puissent acquérir un esprit de corps et fussent aussi soucieux de la bonne marche de la loge.

Le Regius Manuscript (vers 1390) et le Cooke Manuscript (vers 1430) rédigée en latin, l’un en vers et l’autre en prose, semblent bien êtres les tout premiers documents réglementant officiellement le statut, les conditions de travail et d’embauche des apprentis maçons. L’apprenti doit servir le maître pendant 7 ans au moins, être un homme libre (d’où sans doute l’interdiction d’Anderson d’initier des esclaves, dans les Constitutions de 1723), en bonne condition physique et de bonne naissance (to be of lawful blood and whole of limb : être de naissance légitime et ne pas être mutilé). C’est le Regius Manuscript qui, pour la première fois sans doute, interdit le travail de nuit. Le septième article de ce même manuscrit concerne les mœurs de l’apprenti : ce dernier ne saurait convoiter l’épouse de son maître, ni celle d’aucun de ses frères. Mention est également faite du salaire de l’apprenti ainsi que du préavis, très court, qui précède son licenciement : il suffit au maître de le prévenir avant-midi pour lui donner définitivement congé.

Les autres anciens devoirs traitent surtout de la vie de la loge. On trouve les premières allusions au secret maçonnique. La différence entre maître et compagnon s’amenuise : le compagnon comme le maître peut louer le service d’un apprenti pour une durée de 7 ans (The Beswicke-Royds Ms). Les exigences de bonne moralité figurent dans tous les « anciens devoirs », de la simple interdiction des jeux de hasard à la condamnation de l’adultère. La bonne entente des frères ne doit être entamée par aucune querelle et les maçons doivent avoir le souci du bon renom de leur loge, d’encourager un esprit de corps. Cela donne raison à l’interprétation du mot freemason qu’ont privilégiée un certain nombre d’historiens ; le mot désignerait un maçon qui travaillait une pierre de qualité supérieure (freestone) destinée à la construction d’édifices nobles, par opposition à ceux qui travaillaient une pierre plus grossière (roughstone).

Le terme free porterait sur le matériau et non sur l’homme et signifierait « de qualité supérieure, noble » et non « libre ». L’interprétation de free au sens de « libre » impliquerait que ces maçons eussent été libres de toute affiliation à une loge ou guilde : Cela semble difficilement acceptable. Les francs-maçons de l’époque avancent une interprétation  séduisante, mais impossible dans le contexte opératif, celui de «maçons libres, dans une loge libre».

On a beaucoup épilogué sur la transition entre maçonnerie opérative et maçonnerie spéculative. Mais c’est Anderson qui, en 1723, afin de donner une légitimité historique à la Grande Loge d’Angleterre, se référa à ces anciens devoirs. Les Constitutions d’Anderson étaient ainsi présentées comme la suite logique des Old Charges, lesquelles sont parfois désignées sous le vocable d’«anciennes constitutions». Plus tard, Albert Mackey, pour la maçonnerie américaine, et la Grande Loge Unie d’Angleterre allèrent puiser quelques articles des Old Charges pour justifier l’existence des landmarks qu’ils venaient d’inventer – au sens premier du terme -, ces principes fondamentaux et inviolables tels que l’impossibilité d’initier des femmes, des esclaves ou des mutilés (les deux dernières catégories ne sont retenues que par Albert Mackey) et la nécessité absolue de croire en Dieu. Simplement, le contexte historique avait quelque peu changé.

 Eric Saunier : LGF/Livre de Poche, La Pochothèque, 2000.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Couverture du Manuscrit Cooke (1420)Couverture du Manuscrit Cooke (1420)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frontispice des "Constitutions d'Anderson", Londres, 1723.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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